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GRECE
ANCIENNE ANTIQUE DE MEMPHIS
Jules César
Réalisé par Lucien J. Heldé
(49 - 44 av. J.-C.)
Jules César
(Caius Julius Cæsar)
César naquit en -101 avant J.-C dans une vieille famille
patricienne, la gens Iulia, qui prétendait descendre
de Iule, fils d'Énée et par là de Vénus
elle-même. Rien que ça !
Vu la noblesse de ses origines, il aurait pu, aurait dû,
faire carrière au sein de l'oligarchie sénatoriale.
Pourtant, il n'en fut rien : sa tante Julia avait épousé
le dictateur Marius, vainqueur des Cimbres et des Teutons, mais
aussi leader incontesté du parti populiste. César
rallia donc les rangs des "populares" qui s'opposaient
à la dictature aristocratique et sanguinaire de Sylla
et convola en justes noces avec Cornelia, fille de Cinna, le
successeur de Marius à la tête de cette faction.
Pourchassé par des assassins à la solde de ce
Sylla, qui n'en était pas à une exécution
sommaire près, César se réfugia un moment
en Bithynie (N.O. de la Turquie actuelle), auprès du
roi Nicomède. Là, aux dires de certaines mauvaises
langues, ce ne fut plus sa tête qui fut menacée,
mais bien une autre partie de son anatomie : le roitelet oriental
ne serait pas resté insensible au(x) charme(s) de cet
athlétique jeune patricien romain, et ce dernier ne lui
aurait guère opposé de résistance.
Pourtant, alors qu'à cette époque, les vieux Romains
traditionalistes étaient fort peu enclins à l'indulgence
pour "les murs grecques", cette aventure homosexuelle
n'entacha pas plus la réputation de Jules qu'elle n'entrava
sa carrière politique. (Pour plus de détails au
sujet de cette anecdote sans doute apocryphe, voir ici)
Après la mort de Sylla (-78), comme César revenait
d'exil pour reprendre le flambeau du parti plébéien
à Rome, son bateau fut capturé par des pirates.
Ces malfaisants personnages n'exigèrent qu'une rançon
de 20 talents. Vexé, César; déjà
très conscient de sa propre valeur, exigea que cette
somme, qu'il trouvait ridicule, soit plus que doublée
(50 talents). Pendant que ses émissaires rassemblaient
la rançon, César amusa les malandrins de beaux
discours, tout en leur promettant, comme pour plaisanter, qu'il
reviendrait un jour et les ferait crucifier. Et les ravisseurs,
ravis, de s'esclaffer !
Mais une fois la rançon versée et César
libéré, celui-ci arma une flotte privée,
captura les bandits et tint scrupuleusement ses engagements
: les pirates furent tous mis en croix.
Enfin rentré à Rome, il entreprit sa marche vers
le pouvoir absolu auquel il allait être porté par
le consentement (résigné) du peuple.
Il fut sans doute impliqué, mais ce rôle reste
assez obscur, dans la conjuration de Catilina, (-63). À
cette occasion, il s'opposa aux mesures radicales (et illégales)
d'un Cicéron par ailleurs fort suspect d'avoir monté
en épingle ce minable complot populiste pour se poser
en "Sauveur de la République" et en "Père
de la Patrie".
Préteur en -62, propréteur d'Espagne en -61, Jules
forma ensuite un Triumvirat avec Pompée et Crassus. Lui-même
apportait à l'association son génie politique,
Pompée son prestige militaire et le richissime Crassus,
les fonds indispensables pour séduire la plèbe.
C'est ainsi que César obtint le consulat en -59. Cependant,
pour égaler la gloire de Pompée, il lui fallait
aussi un grand commandement militaire. Il se fit donc attribuer
les proconsulats de Gaule cisalpine et de Narbonnaise pour -58.
L'autorité de Rome, limitée, à cette époque,
à une simple bande littorale entre Monaco et Narbonne,
allait, grâce au "Génie de César",
s'étendre désormais à l'intérieur
des terres gauloises.
Prenant prétexte d'une invasion d'Helvètes, eux-mêmes
poussés dans le dos par les Germains, et à la
requête de certaines tribus gauloises, épouvantées,
César envahit la Gaule.
La supériorité militaire des légions romaines
fit merveille : les Helvètes furent bien vite refoulés
dans leurs cantons et les Germains d'Arioviste rejetés
au-delà du Rhin.
Cependant si les Gaulois croyaient s'être débarrassés
à bon compte des demandeurs d'asile suisses et des envahisseurs
germaniques, ils se trompaient lourdement ! Son mandat terminé,
leur "protecteur", leur "sauveur" Jules
César ne faisait pas mine de quitter le pays ! Il s'enracinait
même, prétendant subjuguer les imprudentes tribus
gauloises et coloniser, romaniser toute la Gaule !
Au nord de la Gaule, les Belges se révoltèrent.
D'où venaient, qui étaient réellement ces
"Belges" ?
En vérité, on ne le sait pas trop.
Jules César, qui, on l'a assez dit, les qualifie de "fortissimes"
(fortissimi sunt Belgae - "Extrêmement courageux
sont les Belges !")), prétend aussi que certaines
d'entre leurs tribus seraient, en fait, composées des
descendants de guerriers germains qui auraient passé
le Rhin dans les bagages des Cimbres, des Teutons et consorts,
puis se seraient dissociés du gros de la troupe pour
s'installer dans ce qui deviendra la Belgique. En outre, d'autres
tribus belges, peu satisfaites de leur nouveau territoire ou
qui avaient la bougeotte, passèrent la Manche, colonisèrent
également les îles anglaises, puis passèrent
en Irlande où on les appela les "Fier Bolg",
les "nobles Belges".
Mais de tout ce folklore celtique, César n'en avait
rien à cirer !
Si les Belges résistaient, ils seraient écrasés,
tout "fortissimi" qu'ils fussent ! Et ce fut la bataille
dite de la "Sabis" (-57), du nom d'une rivière
que les historiens ont bien du mal à situer sur la carte
(Sambre ?).
Dévalant la pente opposée de la vallée,
franchissant la rivière à la nage, remontant au
pas de charge l'autre versant, une masse compacte de guerriers
belges, provenant de diverses tribus coalisées mais constituée
surtout de Nerviens, attaqua par surprise le camp de César.
Celui-ci, voyant que tout se déglinguait autour de lui,
se précipita aux avant-postes, et, l'épée
à la main, rétablit les lignes qui menaçaient
d'être enfoncées. Trois légions, attardées,
arrivèrent juste à temps pour dégager le
camp du général en chef et donner la victoire
aux aigles romaines.
"Mais L'ennemi, même alors qu'il ne lui restait plus
guère d'espoir, montra un tel courage que, quand les
premiers étaient tombés, ceux qui les suivaient
montaient sur leurs corps pour se battre, lançaient des
traits sur nos soldats et renvoyaient les javelots qui manquaient
leur but. Ainsi, ce n'était pas une folle entreprise
pour des hommes d'un pareil courage, il faut le reconnaître,
que d'avoir osé franchir une rivière très
large, escalader une berge fort élevée et monter
à l'assaut d'une position très forte. Cette tâche,
leur héroïsme l'avait rendue facile" (César,
Guerre des Gaules, II, 27).
Les Belges finirent par être écrasés
Mais César avait eu chaud. Très chaud !
La Belgique vaincue et conquise, il restait à César
à pacifier le reste de Gaule.
Malgré les révoltes d'Ambiorix, en Belgique (-54
/ -53), et de Vercingétorix, en Auvergne (-52), tout
fut assez vite réglé. (Seul un petit village résista,
encore et toujours, à l'envahisseur, etc
).
César put même se payer le luxe d'une excursion
militaire en Britannia (Grande-Bretagne), histoire de donner
aux indigènes un aperçu de la puissance romaine
et de les dissuader de porter secours à leurs frères
gaulois et belges.
Jules avait acquis la gloire militaire.
Il bénéficiait aussi une renommée littéraire
considérable : ses "Commentaires sur la Guerre des
Gaules" étaient (et sont toujours) considérés
comme un chef d'uvre de style, de précision et
de concision ; des générations de latinistes débutants
peuvent en témoigner !
Mais la situation politique ne cessait de se détériorer.
Depuis la mort de Crassus en 53 av. J.-C., le triumvirat n'existait
plus. César et Pompée restaient seuls à
s'affronter. Or, deux maîtres pour Rome, c'était
un de trop !
César était aimé du peuple, tandis que
Pompée disposait de l'appui inconditionnel du Sénat.
Le vainqueur de Mithridate tenta donc, par des mesures assez
maladroites, de dépouiller son rival de tous ses commandements,
tant civils que militaires. Sous prétexte de troubles
en Orient, deux légions furent retirées au vainqueur
de Vercingétorix. Ensuite, le Sénat, toujours
manipulé par Pompée, s'opposa à toute prolongation
des pouvoirs de César et l'obligea de venir en personne
à Rome pour briguer le consulat pour l'année -49.
Longtemps, César ne broncha pas, subissant avanie sur
avanie sans moufter et faisant même montre d'une modération
et d'un esprit de conciliation exemplaires. Il faut aussi dire
qu'Antoine et Cassius, tribuns du peuple et partisans de César,
usaient et abusaient de leur droit de veto pour saper les menées
de ses adversaires.
Mais, à la séance du Sénat du 7 janvier
-49, les tribuns, dont l'intégrité physique était
pourtant sacrée, furent molestés par les Sénateurs
et durent s'enfuir de Rome.
César, qui se trouvait à Rimini (Ariminium), estima
alors que la légalité avait été
bafouée, et marcha sur Rome à la tête de
ses troupes pour "rétablir l'ordre".
Alea jacta est ("les dés en sont jetés")
aurait-il dit - mais cela est loin d'être prouvé
- en franchissant le Rubicon, un insignifiant ruisselet séparant
la Gaule cisalpine de l'Italie proprement dite... insignifiant
certes, mais qui n'en marquait pas moins la limite qu'aucun
général romain en armes ne devait franchir, sous
peine d'être considéré comme un "ennemi
de l'État".
Jules s'empara sans difficulté de Rome, abandonnée
par Pompée et par la plupart des Sénateurs puis
se prépara à affronter son rival qui s'était
réfugié dans des Balkans avec une armée
considérable, bien plus nombreuse que la sienne.La rencontre
décisive se déroula en Thessalie (Grèce),
à Pharsale, le 9 août -48.
Au soir de la bataille, l'armée de Pompée était
littéralement écrasée. César lui,
sur les vingt-deux mille hommes dont il disposait, n'avait perdu
"que" dix centurions et deux cents légionnaires
Après avoir, un temps, erré en Méditerranée
orientale, Pompée, vaincu se réfugia en Égypte,
où il fut assassiné sur ordre du roi Ptolémée
XIII (16 octobre -48).
Quelques jours plus tard, César arrivait à son
tour à Alexandrie d'Égypte.
En guise de cadeau de bienvenue, le gouvernement égyptien
ne trouva rien de mieux que de lui offrir la tête, encore
sanglante, de Pompée. César s'en détourna,
écuré : Pompée le Grand, le "triumvir",
avait été jadis son allié et même
son beau-père (à la mort de Cornelia, il avait
épousé - ses troisièmes noces - Pompeia,
la fille de Pompée).
Puisqu'il se trouvait en Égypte, César en profita
pour remettre de l'ordre dans le pays.
Entre le pharaon Ptolémée XIII et sa sur-épouse
Cléopâtre, c'était la guerre. Le jeune roi
contrôlait Alexandrie et l'essentiel du pays, tandis que
sa sur s'était s'enfuie au diable Vauvert.
Un jour, un serviteur se présenta aux portes du palais
où résidait le général romain. Un
admirateur anonyme l'avait chargé d'apporter un cadeau
à Jules, un somptueux tapis d'Orient. L'homme insistait
pour le lui remettre en mains propres. À force d'insistance,
de supplications (et de bakchichs), le portefaix franchit toutes
les portes, toutes les sentinelles et arriva devant César.
Il déposa précautionneusement son fardeau par
terre, retira les ficelles qui maintenaient l'étoffe
roulée, déroula enfin le tapis et
qui apparut
? La petite Cléopâtre en chair, en os et en nez
! La sur et épouse du Pharaon d'Égypte !
Coup de foudre !
César fut sans doute aussitôt séduit ; autant
par l'ingénieuse ruse que par le joli minois de la petite
reine. Cléopâtre, elle, de son côté,
tombait probablement sous le charme de cet alerte quinquagénaire,
de ce descendant de Vénus qui avait affronté et
vaincu d'innombrables armées barbares, de ce puissant
général romain qui lui rendrait, à elle
et à elle seule, le trône d'Égypte et qui
peut-être, pourrait même un jour, restaurer l'empire
d'Alexandre.
Effectivement César allait tenter d'éliminer
le roi-époux-frère de la belle Cléopâtre
pour donner à celle-ci tout pouvoir en Égypte.
Mais les choses se compliquèrent : le parti du Pharaon
était bien plus puissant que César ne l'avait
prévu. Le grand Jules se trouva bientôt assiégé,
encerclé dans le palais d'Alexandrie, avec seulement
une poignée de légionnaires pour repousser toute
la populace d'Alexandrie et affronter l'armée de Ptolémée
XIII, commandée par l'eunuque Ganymède, un général
de raccroc, certes, mais énergique et très compétent.
Une nouvelle fois, Jules n'en menait pas large.
Après avoir vainement tenté de rompre l'encerclement
ennemi, force lui fut d'appeler ses alliés au secours.
Les plus proches étaient les Juifs. Ceux-ci se mirent
en campagne sous la conduite d'Antipater (en latin) ou Antipatros
(en grec). Cet Antipas, arabe Iduméen selon certaines
sources, Juif gouverneur de l'Idumée selon d'autres,
était surtout le Premier ministre d'Hyrcan II, Grand
Prêtre et roi (fantoche) des Juifs. Antipas était
aussi le père du futur roi des Juifs Hérode le
Grand, de si détestable réputation.
Joignant ses forces à celles de Mithridate de Pergame,
le "Maire du Palais" juif parvint briser l'étau
égyptien et à libérer César (24
mars -47). Le surlendemain, Jules et ses alliés orientaux
écrasaient l'armée du pharaon lors d'une bataille
sanglante.
Ptolémée XIII trouva la mort en s'enfuyant, noyé
dans le Nil.
Débarrassé des opposants égyptiens, César
s'en fut alors faire une petite croisière sur le Nil
Voyage de noces ? Tourisme culturel ? Initiation aux mystères
religieux et ésotériques de l'ancienne Égypte
? Inventaire des ressources fiscales du pays ? Sans doute un
peu de tout cela. Quoi qu'il en soit et quels que fussent les
motifs de cette excursion, César et sa royale maîtresse
remontèrent le Nil jusqu'à Assouan, conçurent
sans doute le petit Césarion, puis s'en revinrent dare-dare
à Alexandrie tant la situation politique requérait
à nouveau la vigilance, la présence et l'intervention
du divin Jules. (Juillet -47).
Malgré la sanglante bataille de Pharsale et la mort
du Pompée, le parti sénatorial renaissait de ses
cendres en Afrique (du Nord) autour de Caton le Jeune (dit "Caton
d'Utique), tandis que les légions de César, stationnées
en Italie et privées depuis trop longtemps de la présence
(rémunératrice) de leur chef, paraissaient prêtes
à se révolter.Mais César n'était
pas un larbin qui rapplique quand on le siffle ! Pas question
pour lui de quitter l'Orient romain sans avoir imposé
partout la paix romaine !
Or, un certain Pharnace, roi du Pont (rives de la Mer Noire)
refusait de se soumettre à Rome.
Son compte fut vite réglé.
Le 13 juillet -47, César débarquait à Beyrouth,
rassemblait toutes les légions du coin et leur faisait
traverser à toute vitesse les brûlants plateaux
brûlants d'Anatolie. Quelques jours plus tard (2 août
-47) l'armée du présomptueux souverain oriental
était anéantie, Pharnace destitué et remplacé
par son frère Mithridate de Pergame, celui-là
même qui, avec le ministre juif Antipas, avait tiré
Jules dguêpier alexandrin. Commentaire de Jules : Veni,
Vidi, Vici, "Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu".
De retour en Italie, César reprit fermement en main
ses légions mutinées puis se prépara à
déloger les "Pompéiens" d'Afrique du
Nord.
Ce n'était chose aisée car, en fait, ses adversaires
(Caton, Labienus, Metellus Scipion et Juba Ier, roi de Numidie)
semblaient plus puissamment armés, plus riches et mieux
approvisionnés que lui. En outre, ses propres soldats,
gavés de belles promesses, mais impayés depuis
des lustres, continuaient à grogner. Il lui fallait donc
faire au plus vite !
Malgré son infériorité numérique,
il débarqua à Hadrumète (auj. Sousse, en
Tunisie) et ce fut la bataille de Thapsus, rendue célèbre
par un épisode d'Astérix (Astérix légionnaire).
Les forces "pompéiennes", commandées
par Metellus Scipion, ne se décidaient pas à attaquer.
César lui-même semblait hésiter. Ce furent
les vétérans de César qui prirent l'initiative
: faisant fi de la tactique prudente de leur imperator, ils
se ruèrent à l'assaut des lignes pompéiennes,
les rompirent et se livrèrent un épouvantable
carnage, massacrant leurs ennemis jusqu'au dernier. Seuls les
chefs de l'armée "sénatoriale" parvinrent
à s'échapper (4 avril -46).
Quelques jours plus tard (12 avril), Caton le Jeune (Marcus
Porcius Cato) se suicidait à Utique.
Les provinces africaines, avec toutes leurs richesses et leurs
immenses réserves céréalières étaient
désormais aux mains de César et celui-ci, qui
s'était enfin acquitté de ses dettes envers ses
soldats, put rentrer à Rome.
Pour peu de temps !
Le parti pompéien avait à peine été
écrasé en Afrique qu'il renaissait en Espagne.
Cette fois c'était Cnæus Pompée, le fils
aîné du Grand Pompée, qui brandissait l'étendard
de la révolte. Il avait étrillé les maigres
forces dont César disposait en Espagne après avoir
réuni autour lui tous les ennemis de César, en
particulier Labienus, l'ancien lieutenant du conquérant
des Gaules mais qui était devenu son plus farouche adversaire.
Et le vieux César (il avait cinquante-six ans, âge
vénérable à l'époque) de se remettre
en route, casque en tête et cuirasse aux flancs.
La dernière bataille entre le divin Jules et ses adversaires
pompéiens se déroula le 17 mars -45 à Munda,
non loin de Tolède. Manque de bol, César, ce jour-là,
n'était pas au mieux de sa forme : il se remettait à
peine d'une de ces crises d'épilepsie auxquelles il était
sujet.
Il émergea à grand-peine de son lit de douleur,
et, tête lourde, oreilles bourdonnantes et jambes flageolantes,
se traîna devant ses troupes, déjà alignées
en ordre de bataille face à l'ennemi, pour les haranguer
: "Soldats ! leur s'écria-t-il en substance, voici
la dernière bataille qu'il vous faudra livrer contre
vos concitoyens ! C'est la der des der, je vous le promets !
Une fois ces ennemis exterminés, nous pourrons triompher
à Rome avant de nous lancer dans d'autres aventures,
encore plus glorieuses et plus profitables, je vous le garantis
!".
Mais, pour la première fois, ses soldats ne furent pas
convaincus. Les Pompéiens étaient deux fois plus
nombreux qu'eux, et puis, la crise de "haut-mal" qui
avait frappé l' imperator leur semblait de mauvais augure,
un averissement des dieux peut-être...
Ils restèrent donc figés, l'arme au pied, comme
épouvantés.
César alors commença à avoir peur. Non
pour sa vie, mais pour son honneur. "Les dieux ne m'ont-ils
accordés tant de victoires que pour me voir succomber
ici ? se dit-il. Si telle est leur volonté, autant mourir
en combattant !" Alors, forçant son corps encore
endolori à lui obéir, il se lança seul,
tout seul, glaive à la main, à l'assaut des lignes
ennemies
Geste désespéré, mais décisif !
Après un bref moment d'hésitation, ses soldats,
émerveillés de l'audace, de la bravoure de leur
vieux général, entraînés par son
charisme quasi surnaturel, suivirent son exemple et se ruèrent
eux aussi à l'attaque, comme un seul homme.
Au soir, l'ultime armée "pompéienne"
était anéantie.
Quant au fils aîné de Pompée, en fuite,
il sera exécuté par des soldas quelques jours
plus tard.
César, désormais seul maître du monde méditerranéen,
allait gouverner en souverain absolu, mais sans sortir du cadre
républicain.
Déjà chef de la religion romaine en qualité
de grand pontife, il s'était également fait décerner
la dictature pour dix ans en-46 et était devenu, en même
temps, consul annuel.
En -44 il fut nommé dictateur et censeur à vie
en Italie.
Mais ces dignités" républicaines" ne
lui suffisaient pas : poussé sans doute par la belle
Cléopâtre qui l'avait rejoint à Rome au
grand scandale des Romains traditionalistes, il aspirait au
titre de roi, non par gloriole personnelle, mais pour mieux
asseoir son prestige auprès des populations orientales
avant d'engager une grande expédition militaire contre
les Parthes.
À la séance du Sénat qui devait lui accorder
ce titre (Ides de mars, 15 mars -44), il fut tué à
coups de poignards par les conjurés menés par
M. Junius Brutus, qui était, peut-être, son fils
"de la main gauche.
Texte tiré de www.empereurs-romains.net
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