L'armée romaine
Légion romaine
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Historique
Tite-Live rapporte l'existence d'une « legio »
sous Romulus et de plusieurs sous Tullus Hostilius. Mais sa
véritable création est à dater de la
réforme dite de Servius Tullius : une légion
comprend alors 4.000 hommes répartis en centuries.
Lors des Guerres puniques l'armée est réorganisée
: la légion est alors composée de 30 manipules,
chaque manipule comprend 2 centuries, mais les centuries comprennent
désormais 60-80 hommes, soit au total 4200 hommes.
Ces forces sont divisées en trois rangs légionnaires
et les troupes légères : au 1er rang les hastati
- les plus jeunes, qui encaissent le choc, 1200 hommes - au
second les principes - d'âge mûr, 1200 h - et
au 3e les triari - les plus âgés, 600 h - et
entre ces rangs s'intercalent les velites - infanterie légère,
plus pauvres, 1200 h. Et à chaque légion est
adjointe une unité de cavalerie de 10 turmes de 3 décuries,
soit 300 cavaliers.
À la fin du IIe siècle av. J.-C., Marius transforme
l'armée romaine en armée de métier. La
légion comporte alors 10 cohortes de 3 manipules (un
manipule de chaque rang : triarii, principes, hastati) et
2 centuries par manipule (de 100 h), soit 6000 h.
Au Ve siècle une légion nominale peut être
divisée en deux fraction, l'une en Occident (les seniores)
et l'autre en Orient (les juniores).
Nombre de légions
Sous la République, en temps ordinaire, 4 légions
sont levées chaque année. Pendant la deuxième
guerre punique les effectifs sont de 6 légions en 218
av. J.-C. au début de la guerre et atteignent 23 légions
en 211.
À la fin de la République, Auguste dispose
de 50 légions au lendemain de la bataille d'Actium,
mais n'en conserve que 23. Sous Marc-Aurèle on dénombre
une trentaine de légions. Au Ve siècle la Notitia
Dignitatum Imperii donne le chiffre de 175 légions.
Levée des légions
Sous la République, les légions sont constituées
de soldats citoyens, qui quittent leurs activités ordinaires
pour défendre la cité (et leurs biens propres).
Pour procéder à la levée des légions,
l'ensemble des citoyens romains est réuni, au printemps,
sur le Champ de Mars.
Les citoyens se répartissent en 193 groupes en fonction
de leur richesse, établie par le censeur lors des recensements
qui avaient lieu tous les cinq ans (lustre). Les 98 premières
classes censitaires sont considérées comme aisées
et ont des effectifs peu élevés. Les suivantes
sont constituées de paysans possédant leur terre,
et plus ou moins prospères. Une classe est constituée
des musiciens. Une autre classe est constituée de l'ensemble
des citoyens qui n'avaient pour toute richesse que leurs enfants
(proles) et nommés pour cela prolétaires.
Le choix des citoyens devant constituer les légions
est confié aux dieux, par tirage au sort. Chacune des
classes censitaires évoquées plus haut doit
fournir assez d'hommes pour constituer une centurie. Les classes
étaient donc nommées centuries. On a donc, dans
les centuries (censitaires) peu importantes numériquement
de citoyens riches, une forte proportion qui est tirée
au sort, pour constituer une centurie (militaire) complète.
Inversement dans les centuries (groupes de citoyens) pauvres
importantes numériquement, une faible proportion de
la centurie (groupe de citoyens) qui est tirée au sort.
Ce système se justifie de deux manières :
d'abord, du fait que les citoyens combattent pour défendre
leurs biens, les riches ont évidemment plus à
défendre que les pauvres, et donc il est considéré
comme normal qu'ils les défendent eux-mêmes ;
ensuite, comme les citoyens payaient eux-même leur équipement,
il est plus facile à un homme aisé de parer
à cette dépense. On a donc des légionnaires
mieux équipés, et donc une légion plus
valeureuse.
Lors du tirage au sort, chaque homme est appelé par
son nom. Il sort alors des rangs, indique s'il peut ou non
servir la légion cette année, donne son excuse
qui est examinée immédiatement, et est acceptée
ou non. Le tirage au sort continue jusqu'à ce que les
légions soient au complet. Si l'on avait besoin de
plus de légionnaires, on tire au sort plusieurs centuries
militaires par centurie civique, en commençant par
les centuries équestres et en finissant par la centurie
prolétaire (qui peut fournir une centurie de moins
que les autres).
Les dix-huit premières centuries fournissent la cavalerie.
La garde prétorienne
Elle est une unité de l'armée romaine constituée
de soldats d'élite initialement recrutés en
Italie.
Elle est issue des détachements chargés de
protéger le commandant des légions sous la République;
ces détachements campaient dans un emplacement prévu
à cet effet, près de la tente du général,
nommé le prætorium. Au siège de Numance,
Scipion Émilien s'était constitué ainsi
une troupe de 500 hommes pour sa protection personnelle, les
sorties des assiégés étant parfois très
dangereuses. Cet usage se répandit ensuite, les généraux
romains occupant cette fonction pour des périodes de
plus en plus longues. Cette garde était appelée
cohors prætoria.
Ce sont les seuls soldats en armes admis dans l'enceinte
de la capitale impériale - pomrium - et ils constituent
la garde rapprochée de l'empereur. Auguste fit passer
le nombre des cohortes à neuf (soit 4500 hommes, l'équivalent
d'une légion), dont trois étaient cantonnées
à Rome, les autres stationnant dans les villes entourant
la Ville. De 2 après J.-C. jusqu'à 27, il y
eut deux préfets du prétoire, puis un seul,
la garde ayant entièrement installé ses quartiers
à l'intérieur de la Ville. Leur camp était
situé sur le mont Quirinal.
Leur nombre varie de 5.000 à 10.000 selon les époques,
et ce fut tout au long de l'Empire une force privilégiée
dans le choix des souverains. Vitellius eut une garde de 16.000
prétoriens.
Sous Néron, la solde d'un prétorien était
trois fois et demie celle d'un légionnaire, augmentée
des primes de donativum, équivalentes parfois à
cinq années de solde, et octroyées par les nouveaux
empereurs.
CAMPS ROMAINS
Construction
Un camp de quatre légions (16 000 à 20 000 hommes)
avait 300 mètres de coté environ (soit une superficie
de 9 hectares).
Choix du site
Pour des raisons tactiques, le lieu était de préférence
choisi en hauteur. Mais les critères essentiels étaient
;
l'accès sûr et facile (car l'emplacement du
camp était choisi en fin de journée, donc les
troupes étaient fatiguées) ;
la présence d'un point d'eau ;
des prairies suffisantes pour le fourrage des chevaux et des
bêtes de somme utilisées par le train.
L'enceinte
Même pour une seule nuit, celle-ci était toujours
construite, malgré les efforts considérables
qu'elle demandait. Un fossé était creusé
tout autour, dont la terre était rejetée vers
l'intérieur du camp de façon à former
un talus (agger). Ce talus était surmonté d'une
palissade, formée de pieux que les légions emportaient
avec elles.
Les portes étaient de simples ouvertures dans ce fossé,
au nombre de quatre. En avant de cette ouverture, un fossé
et un talus obstruaient le passage, de façon à
ménager une chicane qui ralentirait des assaillants
éventuels. Ces chicanes pouvaient avoir différentes
formes, la plus courante était le tutulus.
Plan
Le plan en était toujours le même, ce qui permettait
une construction très rapide. Le tribun et les centurions
chargés de l'établissement du camp arpentaient
le terrain et fixaient l'emplacement du prætorium (la
tente du général), carré de 60 mètres
de côté. Le drapeau blanc planté à
cet endroit servait de repère autour duquel s'organisait
tout le camp : voies, tentes, forum, et enceinte. Derrière
l'enceinte, un dégagement de près de soixante
mètres était laissé libre afin de permettre
des mouvements des unités, et mettre les premières
rangées de tentes à l'abri des jets adverses.
Deux voies principales se croisaient devant le prætorium,
la via principalis et le decumanus. Selon le nombre de légions
que le camp devait abriter, une via quintana parallèle
à la via principalis était aussi tracée.
Les troupes d'élites campaient de part et d'autre
du prætorium, formées de fantassins et de cavaliers.
Déroulement de la construction
Les soldats ne commençaient à aménager
le camp que lorsque le plan était entièrement
matérialisé au sol par des fanions de couleur.
Le fossé était creusé de façon
à ce qu'un talus soit formé (agger). Il était
stabilisé par des mottes de gazon. La moitié
de l'infanterie lourde creusait, pendant que l'autre moitié
montait la garde entre l'ennemi et le camp, avec les troupes
légères et la cavalerie. Seul le train de bagages
entre alors que le fossé n'est pas creusé ;
puis au fur et à mesure, l'infanterie lourde entre,
suivie de la cavalerie lorsque la palissade (vallum) coté
ennemi est posée.
Organisation de la garde
Les velites (troupes légères sous la République)
formaient des avant-postes en-dehors du camp, près
des portes dont ils assuraient la garde.
Pour l'ensemble de l'enceinte, quatre tours de garde sont
prévus. Chaque homme désigné par un sous-officier
de son manipule se voit remettre par un tribun une tablette
de terre cuite (tessera) portant un signe inscrit.
Au cours de la nuit, quatre cavaliers effectuaient ensemble
quatre rondes. Au début de chaque tour de veille, le
clairon sonnait, et les rondes commençaient. Les cavaliers
demandaient à chaque sentinelle sa tessera. Lorsqu'une
sentinelle était endormie ou avait déserté
son poste, la chose était constatée et la ronde
continuait. Les tesseræ étaient portées
le matin au tribun, qui retrouvait le coupable, immédiatement
condamné à mort par lapidation.
Wikipédia.